Histoires de blancs.

"Chère Maman : Si tu savais comme j'étais malheureux hier soir, en ville, lorsque je t'ai croisée sans te parler. Toi tu as été merveilleuse. Tu as fait semblant de ne point me reconnaître, moi ton fils. Si cette jeune fille n'avait pas été avec moi, Maman, on aurait pu se parler. Lorsque je rencontre un nègre dans la rue et que je m'arrête pour faire un brin de conversation, je n'ai plus peur à présent que l'on me prenne pour un noir. C'est impossible à soupçonner. Depuis que je me fais passer pour blanc, personne n'a jamais douté de l'authenticité de ma couleur. Mon patron qui est du Sud passe son temps à insulter les noirs en ma présence. Il est à mille lieues de se douter que j'en suis un. C'est à se tordre !" L'Amérique "art déco" blanche et noire des années vingt percée au scalpel.
